Elégante dans l’effort, modeste dans la victoire, féconde par nature, toujours fort juste et bien équilibrée, la musique des Bantous a offert à l’OLYMPIA l’image même de la grâce
L’OLYMPIA, chapelle d’un soir, s’est emplie des ouailles venues nombreuses célébrer le passage du Révérend Bantous de la capitale . Précisément le 12 Avril 2009
Une fois encore la grande machine des « Bakolo mboka » s’est mise en marche. A l’exception du doyen Jean Serge ESSOUS et de quelques « vedettes » comme
PASSI-NGONGO Mermans, Lambert KABAKO, RIKKY Siméon, Samuel MALONGA, se sont des musiciens peu connus ; jeunes pour la plupart, enthousiastes car ils ont eu là l’occasion de jouer la musique qu’ils aiment, ce qui ne leur arrive pas tous les jours.. Tous ont eu leur mot à dire dans l’excellence de l’orchestre et cela malgré le petit nombre de répétitions qui pouvaient les réunir à Paris dans une salle appropriée.
Mais, le Dimanche de Pacques, un jeune guitariste soliste fut particulièrement étincellent : Albert NTSOUNGA « DEDE » possède une imagination et une fougue dans l’improvisation qui lui a valu d’être le véritable acteur de la soirée, pour l’héritier de Gerry Gérard. Il a donné d’ailleurs une ampleur certaine à une section de cuivre bien emmenée par « SAMY Trompette » : mobile, souple et en même temps puissante.
De fait l’écriture qu’ont mis en valeur les 12 musiciens a été certes l’attrait principal de l’orchestre : merveilleux écrins pour les solos, pour la trompette de Sammy MALONGA en particulier, et qui a été conçue pour « balancer ».
Du coup, les arrangements ont été aussi d’une extrême richesse, rénovant des thèmes comme « Destino », « Comité Bantous, « Rosalie Diop », « Camitina »…, leur rendant une jeunesse qu’on pensait en déclin.
Lorsque l’on sait la situation difficile des grands orchestres congolais, les embûches, innombrables qui attendent ceux qui, contre vents et marées tiennent à perpétuer cette forme d’art que nombre d’amateurs aiment profondément, l’on ne peut qu’admirer Jean Serge ESSOUS (le seul cofondateur et 1° chef d’orchestre qui a fait le voyage) et ses musiciens.
Jean Serge ESSOUS qui a été longuement ovationner par la salle toute entière, après que Clément OSSINONDE, présentateur de la soirée ait fait l’évocation des 57 ans de carrière musicale (dont 50 dans Les Bantous), notamment du groupe « CDJ » Diaboua en 1952, Negro Jazz en 1954, l’OK Jazz en 1956, le Rock-à -Mambo en 1957, Les Bantous en 1959, l’Africa Team de Paris (Manu Dibango) en 1969, le Rico Jazz (Antilles) dans années 70, et enfin son élévation par le directeur de l’Unesco le 11 octobre 2006 , au grade de : « Artiste de l’Unesco pour la paix ».
Les Ba ntous de la capitale ont concrétisé avec le passage à l’Olympia un rêve qui datait de longtemps. A ce propos, il convient de souligner l’importance de Nino MALAPET (absent du voyage), responsable de la plupart des arrangements, donc une grande partie de cohérence.
Notons aussi que ce concert a été honoré par la présence d’un grand nombre des musiciens africains, parmi lesquels, le doyen Manu DIBANGO, Ray LEMA ,Josky KIAMBOUTIKA, Dino VANGU, BALOU CANTA, MAICANA, Michelino MAVATIKU, Don FADEL (Likembe Salsa) et particulièrement le célèbre guitariste soliste Antoine NEDULE « Papa Noël » qui a rappelé au public qu’il fut l’un des acteurs de la réussite des Bantous au cours de leur première tournée européenne en 1962. Tirant une stratégie de l’improvisation qui est aussi un art d’ameuter les démons séculaires des Bantous, il interprète la chanson « Bantous de la capitale » avec une chaleur, une générosité un mordant et une sonorité des grands « cha cha cha » qui ne pouvait décevoir personne.
A cette liste des musiciens, s’ajoute Le tourneur FEMOCA (Mr MBUET) qui a pris une part importante dans l’organisation de la soirée, le tourneur Suana José KAPESE, les producteurs, Cyriaque BASSOKA et Anitha NGAPI.
Au moment où certains amateurs de la musique congolaise (mais aussi des critiques et des musiciens) semble perdre un peu de cet enthousiasme qu’avaient suscité, les chefs d’œuvre des années 60 à 80, notamment dans les rythmes « Rumba » et « Soukous », ce concert de l’Olympia a constitué une exceptionnelle réussite, et surtout un nouvel espoir – pour la musique rétro, mais pas seulement pour la musique rétro… D’abord, il s’est distingué de la production « courante » par sa cohérence, évidente à tous les niveaux de la conception à la réalisation et jusqu’aux sensations qu’il a suscité







