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OLYMPIA : Rumba Congolaise
Orchestre Bantous de la Capitale
Kinshasa, 02/05

Elégante dans l’effort, modeste dans la victoire, féconde par nature, toujours fort juste et bien équilibrée, la musique des Bantous a offert à l’OLYMPIA l’image même de la grâce

L’OLYMPIA, chapelle d’un soir, s’est emplie des ouailles venues nombreuses cĂ©lĂ©brer le passage du RĂ©vĂ©rend   Bantous de la capitale . PrĂ©cisĂ©ment le 12 Avril 2009

Une fois encore la grande machine des « Bakolo mboka » s’est mise en marche. A l’exception du doyen Jean Serge ESSOUS et de quelques « vedettes » comme 

PASSI-NGONGO Mermans, Lambert KABAKO, RIKKY SimĂ©on, Samuel MALONGA, se sont des musiciens peu connus ; jeunes pour la plupart, enthousiastes car ils ont eu lĂ  l’occasion de jouer la musique qu’ils aiment, ce qui ne leur arrive pas tous les jours..  Tous ont eu leur mot Ă  dire dans l’excellence de l’orchestre et cela malgrĂ© le petit nombre de rĂ©pĂ©titions qui pouvaient les rĂ©unir Ă  Paris  dans une salle appropriĂ©e.

Mais, le Dimanche de Pacques, un jeune guitariste soliste fut particulièrement étincellent : Albert NTSOUNGA « DEDE » possède une imagination et une fougue dans l’improvisation qui lui a valu d’être le véritable acteur de la soirée, pour l’héritier de Gerry Gérard. Il a donné d’ailleurs une ampleur certaine à une section de cuivre bien emmenée par « SAMY Trompette » : mobile, souple et en même temps puissante.

De fait l’écriture qu’ont mis en valeur les 12 musiciens a été certes l’attrait principal de l’orchestre : merveilleux écrins pour les solos, pour la trompette de Sammy MALONGA en particulier, et qui a été conçue pour « balancer ».

Du coup, les arrangements ont Ă©tĂ© aussi d’une extrĂŞme richesse, rĂ©novant des thèmes comme « Destino », « ComitĂ© Bantous,  « Rosalie Diop », « Camitina »…, leur rendant  une jeunesse qu’on pensait en dĂ©clin.

Lorsque l’on sait la situation difficile des grands orchestres congolais, les embûches, innombrables qui attendent ceux qui, contre vents et marées tiennent à perpétuer cette forme d’art que nombre d’amateurs aiment profondément, l’on ne peut qu’admirer Jean Serge ESSOUS (le seul cofondateur et 1° chef d’orchestre qui a fait le voyage) et ses musiciens.

Jean Serge ESSOUS qui a Ă©tĂ© longuement ovationner par la salle toute entière, après que ClĂ©ment OSSINONDE, prĂ©sentateur de la soirĂ©e ait fait l’évocation des 57 ans de carrière musicale (dont 50 dans Les Bantous), notamment du groupe « CDJ » Diaboua en 1952, Negro Jazz en 1954, l’OK Jazz en 1956, le Rock-Ă -Mambo en 1957, Les Bantous en 1959, l’Africa Team de Paris  (Manu Dibango) en  1969, le Rico Jazz (Antilles) dans annĂ©es 70, et enfin son Ă©lĂ©vation par le directeur de l’Unesco le 11 octobre 2006 , au grade de : « Artiste de l’Unesco pour la paix ».

Les Ba         ntous de la capitale ont concrĂ©tisĂ© avec le passage Ă  l’Olympia un rĂŞve qui datait de longtemps. A ce propos, il convient de souligner l’importance de Nino MALAPET (absent du voyage), responsable de la plupart des arrangements, donc une grande partie de cohĂ©rence.

Notons aussi que ce concert a Ă©tĂ© honorĂ© par la prĂ©sence d’un grand nombre des musiciens africains, parmi lesquels, le doyen Manu DIBANGO, Ray LEMA ,Josky KIAMBOUTIKA, Dino VANGU, BALOU CANTA, MAICANA, Michelino MAVATIKU, Don FADEL (Likembe Salsa) et particulièrement le cĂ©lèbre guitariste soliste Antoine NEDULE « Papa NoĂ«l » qui a rappelĂ© au public qu’il fut l’un des acteurs de la rĂ©ussite des Bantous au cours de leur première tournĂ©e europĂ©enne en 1962. Tirant une stratĂ©gie de l’improvisation qui est aussi un art d’ameuter les dĂ©mons sĂ©culaires des Bantous, il interprète la chanson « Bantous de la capitale » avec une chaleur, une gĂ©nĂ©rositĂ© un mordant et une sonoritĂ© des grands « cha cha cha »  qui ne pouvait dĂ©cevoir personne.

A cette liste des musiciens, s’ajoute Le tourneur FEMOCA (Mr MBUET) qui a pris une part importante dans l’organisation de la soirĂ©e, le tourneur  Suana JosĂ© KAPESE, les producteurs, Cyriaque BASSOKA et Anitha NGAPI.

Au moment où certains amateurs de la musique congolaise (mais aussi des critiques et des musiciens) semble perdre un peu de cet enthousiasme qu’avaient suscité, les chefs d’œuvre des années 60 à 80, notamment dans les rythmes « Rumba » et « Soukous », ce concert de l’Olympia a constitué une exceptionnelle réussite, et surtout un nouvel espoir – pour la musique rétro, mais pas seulement pour la musique rétro… D’abord, il s’est distingué de la production « courante » par sa cohérence, évidente à tous les niveaux de la conception à la réalisation et jusqu’aux sensations qu’il a suscité

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