Femoca > Groupes > Orchestre Bantous de la Capitale

Orchestre Bantous de la Capitale

Formé avant l’octroie de l’indépendance au pays par la France, puissance coloniale, le groupe est aussi appelé de ce fait "Doyen du Pays".

De par sa longévité cahin-caha le mythique orchestre panafricaniste, est de par sa longévité dans le paysage musical de 3 Congo (Congo Français, Congo-Belge et Congo-Portugais) du fait de la disparition du Grand Maître Franco et donc du groupe Ok-Jazz, le monument dans les pays du Bassin du Congo de fait.

Ce sont six musiciens : Jean Serge ESSOUS, DieudonnĂ© Nino MALAPET, Saturnin PANDY, Edouard GANGA dit  Edo, CĂ©lestin KOUKA, et Daniel LOUBELO dit "De la lune", auteurs, compositeurs jouant dans diverses formations dĂ©jĂ  rĂ©putĂ©es (Rock-A-Mambo, OK Jazz, NĂ©gro Jazz…) Ă  LĂ©opoldville - aujourd’hui, Kinshasa, qui, en  rejoignant l’autre rive du fleuve en raison des troubles qui Ă©clatent pour l’indĂ©pendance, crĂ©ent l'orchestres "Bantous de la Capitale" qui ne tardera pas Ă  devenir l’emblème de cette Ă©poque cruciale de l’histoire du pays et le pionnier de la rumba congolaise. Après maintes sĂ©parations et re-formations, le groupe compte encore aujourd’hui dans ses rangs trois des membres fondateurs. Le trio de doyens que constituent Nino Malapet, Nkouka CĂ©lestin, dit Celio, Edo Nganga, est dĂ©sormais renforcĂ© par la prĂ©sence des jeunes recrues.

Plus qu’un groupe, l’orchestre  Â« Bantous de la Capitale Â» reprĂ©sentent Ă©galement une vĂ©ritable institution et une authentique tranche du patrimoine historique de la musique africaine en gĂ©nĂ©ral et congolaise en particulier. Il  a jouĂ© un rĂ´le important dans l'introduction et le dĂ©veloppement de la Rumba Afro-Cubaine, et plus tard du Soukouss.

Le groupe bĂ©nĂ©ficiera de la politique volontariste de l’Etat congolais qui institut la "semaine culturelle annuelle" pour se distinguer comme l’un des meilleurs interprètes de la RUMBA Congolaise Classique, de la Salsa Afro-cCubaine. A l’image du groupe Ok-Jazz dont les fondateurs sons issus, le groupe puise dans les rythmes ancestraux, lance des musiques et danses dans le monde entier comme : La Danse des bouchers, le Soukouss, le Kirikiri, le YĂ©kĂ©yĂ©kĂ©, le  Kwasakwasa, le Ciao, etc. Des dĂ©clinaisons de la Rumba Congolaise classique.

Super Bantu

Lorsque, le 15 août 1959, l’orchestre « Les Bantous de la capitale » constitué des transfuges créateur de l’orchestre « Ok-Jazz » (dirigé par Essous 3S) firent leur premier concert à Brazzaville, pas mal de mélomanes locaux découvrirent que les célèbres musiciens fondateurs de la formation étaient bien leurs compatriotes.

A cette époque, Jean-Serge Essous, Dieudonné « Nino » Malapet, Saturnin Pandy, Edouard « Edo » Ganga, Célestin « Célio » Kouka et Daniel Loubelo « De la lune » avaient été les protagonistes d'u

Super Bantu

n mouvement musical qui bouleversa le paysage culturel d'Afrique Centrale.

Sur l'autre rive du fleuve Congo, à Léopoldville, aujourd'hui Kinshasa, capitale du Congo-Kinshasa, ils avaient donné impulsion à la naissance des premiers orchestres urbains qui propulsèrent la rumba congolaise dans tout le continent.

Voix suaves, guitares élégantes, mélodies sensuelles et swing discret…

Ce style devint l'expression artistique de l'idéal panafricain issu des luttes pour la décolonisation.

Les futurs « Bantous » avaient joué un rôle important dans l'émergence des deux formations qui dominaient la scène musicale kinoise, l'African Jazz et l'OK Jazz. Après avoir suivi le lancement du premier, ils créèrent ce dernier, dont Essous et De la lune furent les chefs d'orchestre.

Plus tard, la compilation « Pont sur le Congo », avec les succès de l'OK Jazz et des Bantous, témoigna de cette filiation, et par là de la liaison entre les « deux capitales les plus proches au monde », dont on a souvent attribué à Kinshasa une place démesurée au détriment de Brazzaville. Et souligna également le rôle unique et irremplaçable de l’orchestre « Bantous de la capitale» dans l'avènement planétaire de la rumba.

Une autre longue histoire démarre depuis cet été d'il y a 48 ans, quand le public du bar-dancing « Chez Faignond », dans le quartier cosmopolite de Poto-Poto, danse pour la première fois la rumba fiévreuse, romantique et aux orchestrations amples des Bantous de la capitale.

Avec le noyau des fondateurs, les guitaristes Dicky Baroza et Jacques Dinos, le batteur capverdien André Aribot et le maracassiste Damiens complètent l'organique de la formation qui, l'année suivante, est invitée à Kinshasa, où ils enregistrent leur premier album.

Structurés comme dans une entreprise, ses membres reçoivent un salaire de l'Etat.

Institution culturelle reconnue par les autorités politiques, l'orchestre évolue comme une véritable école de musique associant originalité de la démarche esthétique,

Bantous de la capitale

rigueur professionnelle et performance scénique de haut niveau.

A la recherche d'un son qui fasse la différence avec la musique kinoise, dans laquelle ils ont pourtant laissé leur trace indélébile, « Les Bantous » est un ensemble constitués d'artistes expérimentés et aux profils divers.

Si les « folkloristes » Ganga et De la lune introduisent dans le répertoire les accents du terroir, les saxophonistes Nino Malapet et Jean-Serge Essous -ce dernier est aussi clarinettiste de talent- en sont les personnalités marquantes sur le plan esthétique.

Ancien membre de l’orchestre « Negro Succès » et auteur d'irrésistibles cha-cha-cha en lingala, pionnier de l'OK Jazz, puis de Rock-a-Mambo, le premier est le maître indiscutable des ambiances latines encore prévalentes dans la rumba des années 50.

Musicien aux limpides influences jazzy et pan-caraïbéennes, compositeur de merengues, biguines et mazurkas, vocaliste à la graine si typique et un peu rocailleuse, Essous avait été le band-leader de « Negro Jazz » où, en 1955, fit un passage remarqué un certain Franco.

D'autres célébrités intègrent l'orchestre. Le chanteur Pamelo Munka, y débarque en 1963 et, 5 ans après, il crée le soukouss, une forme de rumba accélérée suivant les couplets lents du début de la chanson. Il est rejoint en 1965 par un vocaliste extraordinaire et aux tonalités plus graves, Kosmos Mountouari, qui interprétera plus tard « Makambo Mibale », une critique des nouvelles élites. Un guitariste d'exception faisait partie de l'orchestre depuis ses débuts, lui aussi issu de Rock-a-Mambo : Antoine Nedule Monswet, dit « Papa Noël », qui avait appris la rapidité du doigté des techniques du jeu de Django Reinhardt ou des instrumentistes afro-américains comme Chuk Berry. A son départ, Jerry Gérard prit sa place qui, pour en imiter le style, se mit à l'école du grand soliste gitan. Quelques années auparavant, l’orchestre est le premier groupe qui intègre pour la première fois de l’histoire de la Rumba la batterie dans ses orchestrations.

Bantous de la capitale

Ces convergences de sensibilités sont à la base de la réussite de l’orchestre Les Bantous de la capitale et de la spécificité de leur cachet sonore. Perceptible dans une utilisation particulière du lingala, leur marque dérive d'une concordance majeure établie entre les arrangements et la composition, moins orientée dans la réalisation des textes. Une orchestration sophistiquée en résulte, avec une variété de motifs et de tons, et la maîtrise parfaite de leurs agencements. Mais, qu'il ne soit pas paradoxal, cette différence de feeling est d'emblée ressentie dans les vagues mélodiques du chant, pétri de tendresse et irrigué d'une nostalgie subtile.

Toujours est-il que la renommée de la formation grandit et suscite l'admiration de tout le gotha musical congolais, puis des musiciens des pays où Les Bantous tournent à partir de 1962 : le Gabon, le Ghana, le Nigeria, la France, la Belgique, Cuba ou la Côte d'Ivoire, Algérie, sénégal.

Après cette montée fulgurante, la trajectoire de la formation est balisée par une série de scissions. La plus grave est celle de 1972, avec le départ de Nkouka dit Celio, Pamelo, Kosmos et Ganga Edo qui provoque l'éclatement du groupe suivi par une longue éclipse. La recomposition a lieu en 1986 par décision gouvernementale et, en 1988, une nouvelle rupture est consommée à cause du dualisme entre Malapet et Essous. Ce dernier fonde « Bantou Monument » avec Celio, Edo et Pamelo, alors que son complice-rivale reste aux commandes d'une formation moins prolifique ; un seul album paraît, en 1992 pour disparaitre définitivement.

Force est de reconnaĂ®tre que le groupe a surtout le mĂ©rite d’avoir Ă©tĂ© pendant plusieurs dĂ©cennies l’un des  le portes Ă©tendard de la musique Congolaise aux cĂ´tĂ©s d’African-Jazz et Ok-Jazz et la fiertĂ© de MayaMaya qu’ils ont dignement reprĂ©sentĂ© Ă  travers l’Afrique et le monde en obtenant plusieurs distinctions honorifiques.

Les Bantous de la Capitale c’est également une grande école qui a formé plusieurs grandes vedettes de la musique Africaine. En effet,

Bantous de la capitale

après plus de 50 ans d’existence, l’orchestre a permis l’éclosion de plus d’une centaine de musiciens, instrumentistes et chanteurs confondus, parmi lesquels, quelques grands noms qui ont marquĂ© son histoire, comme : les guitaristes : Antoine NEDULE dit : « Papa NoĂ«l », Jacques MAMBAU « Jacky », PASSI NGONGO « Mermans » , Joseph SAMBA « Mascott », Gerry GĂ©rard BIYELA; les bassistes : Francis BITSOUMANOU dit « CĂ©li Bitsou », Alphonso TALOULOU ; les chanteurs : PamĂ©lo MOUNK’A BEMBA,  Michel BOYIBANDA, Joseph MULAMBA dit  « Mujos », CĂ´me MOUNTOUARIdit  Â« Kosmos » - ThĂ©ophile BITSIKOU dit  « ThĂ©o », Lambert KABAKO, Simon MANGOUANI, PAMBOU-TCHIKAYA dit  « Tchico », JosĂ© MISSAMOU; les trompettistes : Samuel MALONGA dit « Samy trompette », Jean Marie KABONGO…l’organiste Freddy KEBANO, les percussionnistes-drum : Samuel MALONGA dit « Ricky », Rido BAYONNE

Avec le temps, les idoles prennent de l’âge et quand le signe d’essoufflement semble planer ; arrive la grosse perfusion pour redynamiser tout et faire le grand retour de ce grand monument. Mais l'histoire de l’orchestre Les Bantous de la capitale est loin d'avoir tourné sa dernière page…