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L’Afrique adopte la convention d’Arusha, l’Europe [la copie] et nous la revend

Evolution et Bilan d’activités de l’Association des universités Africaines (AUA) après quatre décennies d’existence ?

A mon avis la vision de nos prédécesseurs à la  tête de l’institution était très sage. C’est vrai que toute Å“uvre humaine peut toujours connaître des hauts et des bas mais pour ce qui concerne le renforcement des capacités qui est un volet important des chantiers que nous sommes en train de mettre en Å“uvre il faut dire que les personnels des universités ( recteurs, doyens et adjoints ) bénéficient de la part de l’Association des Universités Africaines (AAU), des sessions régulières leur permettant d’être à niveau des techniques managériales.

Nous avons mis l’accent sur cet aspect de renforcement des capacités parce que les recteurs qui sont  nommés à la tête des universités sont de profils différents par conséquent, il faut mettre en place un programme de mise à niveau en rapport avec les besoins managériaux de leurs institutions.

C’est pourquoi dès qu’un nouveau recteur est nommé, dans les six mois qui suivent il est convié à participer à l’atelier de renforcement des capacités au cours duquel il apprend comment s’acquitter convenablement de son mandat et comprendre les besoins réels de gestion d’une institution universitaire.

Prise en charge de l’émergence des femmes dans le management des établissements d’enseignement supérieur en Afrique

A l’AUA nous avons un souci de faire émerger de nouveaux types de leaders de management des universités et des établissements d’enseignement supérieur en Afrique et dans ce cadre nous prenons bien en charge les besoins des femmes qui sont à la tête de certaines de ces institutions. D’ailleurs à partir des évaluations que nous avons faites nous nous sommes rendu compte qu’il y a une forte demande de renforcement des capacités des femmes aux postes de recteurs, vice-recteurs, chanceliers, présidents et vice-présidents d’universités. Nous sentons chez ces dames une certaine volonté de se doter de capacités managériales au même titre que leurs collègues hommes. C’est vous dire que cet aspect fait partie de nos priorités.

L’autre domaine prioritaire ce sont les Tics.

Nous sommes conscients que le facteur qui retarde la pénétration de l’Internet aussi bien dans nos agglomérations urbaines que rurales c’est le coût élevé de la Bande passante qui est dix fois plus chère en Afrique qu’en Europe. Pour remédier à cette situation nous sommes allés directement négocier avec les propriétaires des bandes passantes pour ainsi permettre aux centres universitaires d’y avoir accès.

Dans ce domaine je pense que nous avons été dynamiques en Afrique puisque nous avons réussi à créer Ubuntu.net , qui est une alliance inter universitaire. Pour ce qui concerne l’Afrique de l’Ouest et Centrale ; deux parties qui n’étaient pas connectés au réseau nous sommes en train de régler la question et la solution que nous avons préconisée ce sera de faire en sorte que toutes les universités et établissements d’enseignement supérieur puissent passer par un seul et même canal notamment à travers le Wac ren qui a été créé par l’AAU.

Intégration des besoins des centres d’excellence dans le Réseau

Les quatre centres d’excellence qui vont être créés par l’Union africaine vont bénéficier des mêmes services offerts par le réseau. Ainsi chaque centre d’excellence va se mettre en réseau et va renforcer les autres établissements d’enseignement supérieur de sa région géographique de couverture du Net. C’est vous dire que nous endossons l’idée des centres d’excellence lancée par l’Union africaine. Chaque centre d’excellence aura un lien avec dix universités et établissements d’enseignement supérieur. Ceci nous permettra d’utiliser au total 55 centres et établissements d’enseignement supérieur pour former les doctorants à  faire de la recherche.

L’équation liée à la ratification de la Convention d’Arusha

La Convention d’Arusha a prévu des mécanismes de reconnaissance et d’équivalence des diplômes. Il s’agit ainsi pour l’Afrique d’harmoniser des efforts de formation, de recherche et de tout mettre en oeuvre  pour permettre une bonne mobilité interuniversitaire. Le souci est de mettre en place un mécanisme devant assurer la qualité de l’enseignement supérieur en Afrique. Il faut permettre aux étudiants et aux chercheurs de se déplacer pour réaliser cet objectif.

Le seul grand problème actuel c’est que seuls 21 pays africains sur  54 pays ont ratifié la convention. Nous espérons que la prochaine rencontre des chefs d’Etat prévue au mois de juillet prochain en Guinée sera l’occasion pour la plupart des autres pays de  procéder à la ratification du document.

La convention a été adoptée en 1981, c’est-à-dire bien avant le processus de Bologne. En d’autres termes les européens ont tout simplement mis en Å“uvre le document et sont aujourd’hui en train de  vendre aux africains le  fruit de leurs propres réflexions. Il y a dès lors l’urgence d’agir pour mettre en Å“uvre ce document afin de réussir les ambitions que nous nous sommes fixées pour développer l’enseignement supérieur et la recherche sur le continent. Notre seul problème c’était la ratification.

Vous convenez avec moi qu’il est paradoxal et regrettable de constater que la plupart des recteurs des universités africaines ne connaissent pas la convention d’Arusha. C’est pourquoi nous avons jugé nécessaire d’organiser une réunion de tous les recteurs d’universités africaines autour de la question de la convention d’Arusha et de son contenu. Au cours de cette rencontre nous allons examiner avec eux  toutes les  conséquences liées à l’application de la convention dans leur travail de tous les jours.

Les priorités du moment  de l’AAU

La priorité aujourd’hui pour l’AAU c’est la ratification et la vulgarisation de la convention d’Arusha. L’Union Européenne vient de dégager 40millions d’Euros destinés à soutenir le programme de mobilité des étudiants africains mais comme les recteurs ne connaissant la convention ils ne peuvent pas alors en faire bénéficier leurs institutions.
 L’autre priorité de l’AAU c’est l’enseignement à distance qui cible les 800 universités africaines. Le continent qui compte aujourd’hui 800 millions d’habitants reste toujours confronté aux problèmes de couverture des besoins de l’offre dans l’enseignement supérieur. En d’autres termes, même si on construisait une université pour 1 million d’habitant il serait toujours illusoire de penser satisfaire toute la demande  dans l’enseignement supérieur du continent. Or sans le développement d’un réseau  universitaire conséquent et de qualité on ne peut relever les défis liés au développement du continent. Je pense que pour ne pas continuer à rester à la traîne il nous faut nécessairement faire comme les autres sinon plus. En Europe au moins 60% de la population a accès à l’enseignement supérieur. En Amérique c’est 90% de la population qui a accès à l’enseignement supérieur. En Afrique par contre nous avons un taux d’enrôlement dans l’enseignement supérieur de 6%. C’est dire que même si construisait une université par mois on ne pourrait pas combler le gap qui se creuse de jour en jour.  La solution donc c’est l’enseignement à distance. L’essentiel c’est d’éviter qu’il y ait une différence en termes de qualité entre un enseignement présenciel et un enseignement à distance.

Les leçons de l’enseignement à distance appliqué sous d’autres cieux.

Je pense que les expériences à tirer de l’enseignement à distance tel que appliqué dans les autres régions du monde sont assez édifiantes. J’en veux pour preuve l’Asie. C’est grâce à l’enseignement à distance que les pays asiatiques ont réussi à former massivement leurs besoins de cadres à tous les niveaux. Parce qu’il s’agit d’un enseignement qui ne requiert pas beaucoup de moyens en termes  d’infrastructures et de personnel d’encadrement. Mais également c’est un système d’enseignement  dans toutes les disciplines et sans distinction d’origines sociales.

Je pense donc que si l’Afrique investit dans l’enseignement à distance on va réussir à accélérer notre développement et promouvoir la qualité. Bien des études ont démontré que la Chine, Hong Kong, le Mexique, etc, doivent leur forte expansion économique et sociale grâce à l’enseignement à distance qui est devenu un modèle  incontournable.
 
 Fenêtres

1 - Â«  A l’AUA nous avons un souci de faire émerger de nouveaux types de leaders de management des universités et des établissements d’enseignement supérieur en Afrique».
 
2 - Â« A l’AUA nous endossons l’idée des centres d’excellence lancée par l’Union africaine »

3 - Â« La convention d’Arusha a été adoptée en 1981, bien avant le processus de Bologne. Les européens ont tout simplement mis en Å“uvre le document et sont aujourd’hui en train de nous le  vendre » ;

5 - Même s'il se construisait une université par mois on ne pourrait pas combler le gap qui se creuse de jour en jour.  La solution donc c’est l’enseignement à distance »

Source : http://www.sudonline.sn/-l-afrique-adopte-la-convention-d-arusha--l-europe-nous-la-revend_a_3533.html

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